Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 11:59

fiscalite

Par Franck GUIOT
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 23:42
Par Franck GUIOT
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 17:32

gauchevolant

Par Franck GUIOT
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 16:11

démago

Par Franck GUIOT
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 19:44

demain-avec-le-ps-rouge-505f6

Par Franck GUIOT
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 16:54
Par Franck GUIOT
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 11:27

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a annoncé ce matin sur RTL que la délinquance, en 2011 en France, était "en baisse pour la neuvième année consécutive", représentant "12.000 faits en moins".

Les atteintes aux personnes "sont stables, elles sont en augmentation de 0,1%, les atteintes aux biens et les infractions économiques et financières baissent", a-t-il ajouté, précisant que les cambriolages de résidences principales et secondaires étaient en hausse de 16%.Selon lui, cette explosion des cambriolages de résidences est le fait d'un "phénomène nouveau qu'il est très difficile de combattre qui est celui des raids menés par des personnes originaires d'Europe centrale et orientale, parce que ce sont des gens qui passent d'un pays à l'autre très rapidement".

 

Les "12.000 faits en moins" de crimes et délits constatés en France en 2011 représentent une baisse de la délinquance générale de 0,34%, par rapport aux 3.521.256 faits comptabilisés officiellement en 2010.

Le ministre, qui présente ce matin à 9h30 le bilan statistique 2011 de la délinquance, a insisté sur le fait qu'il utilisait la même "présentation qui est faite depuis 1972. "La statistique générale est tout à fait exacte", a affirmé le ministre, et si je faisais une présentation différente, on dirait que je veux truquer les choses", s'est-il défendu. L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) présentera en parallèle des "analyses fines, sur les atteintes aux biens, les atteintes aux personnes, les infractions économiques et financières", a souligné le ministre.

 

Par Franck GUIOT
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 06:00

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quotient

Par Franck GUIOT
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 12:03

 

 

Par Franck GUIOT
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 20:53

Gerhard Schröder : « Les réformes de Sarkozy vont dans la bonne direction »Article publié dans Le Figaro du 22 décembre 2011

L'ancien chancelier social-démocrate allemand, auteur des réformes qui ont redonné sa compétitivité à son pays, a été reçu mardi soir par Nicolas Sarkozy. Il explique au Figaro sa vision de la crise de l'euro.

LE FIGARO. - Vous avez engagé des réformes en Allemagne qui sont souvent citées en exemple. Compte tenu de votre expérience, que pensez-vous du processus de réforme engagé en France ?

Gerhard SCHRÖDER. -Je ne conçois pas nos réformes comme un modèle, mais comme une nécessité dont d'autres pays européens vont devoir tenir compte. Les réformes nécessaires en France et en Allemagne ne sont pas toutes les mêmes. En 2003, nous avons lancé l'Agenda 2010 car l'Allemagne était une société vieillissante avec un taux de natalité faible. Il fallait aussi augmenter notre compétitivité face à la mondialisation. La France n'a pas de problème de natalité, mais a les mêmes difficultés en matière de compétitivité. Les réformes entreprises par Nicolas Sarkozy vont dans la bonne direction, en particulier en ce qui concerne les retraites. Même si je ne suis pas certain que la limite de 62 ans soit suffisante. En revanche, il faut peut-être que la France améliore la structure du marché du travail pour obtenir la compétitivité nécessaire.

Vous avez lancé votre cycle de réformes en 2003, et vous avez été battu en 2005. Considérez-vous que Nicolas Sarkozy court le risque de perdre les élections en France ?

Il y a dans les démocraties développées un problème de fond. Les réformes sont difficiles, et leurs effets bénéfiques n'interviennent que des années plus tard. Cela crée un décalage entre la décision et son résultat. Et dans cet intervalle, la démocratie peut vous sanctionner. Je sais de quoi je parle, car j'en ai fait l'expérience. Bien des choses qui ont rendu l'Allemagne forte et dont profite Angela Merkel sont liées à l'Agenda 2010. Je n'ai pas de conseils à donner aux candidats français. Nous avons décidé que les réformes étaient indispensables, au risque de perdre les élections. À l'époque, nous avions eu du mal à convaincre. Il faut une meilleure stratégie de communication. Il faut que le coeur de la campagne porte sur l'explication des réformes.

Daniel Cohn-Bendit a dit qu'il serait plus efficace de conduire les réformes avec un gouvernement d'union nationale. Cela vous paraît-il utile ?

Il faut toujours s'attendre à des surprises avec Daniel Cohn-Bendit. Plus il vieillit, plus c'est un homme d'État ! Je ne pense pas qu'on ait besoin d'un gouvernement d'union nationale pour imposer des réformes. On a juste besoin de volonté et d'une majorité au Parlement. Nous avons prouvé qu'il était possible de le faire avec un gouvernement rouge-vert.

Avez-vous vu François Hollande à l'occasion de votre séjour parisien ?

Non et je n'ai pas prévu de le faire. En tant que premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande a travaillé très étroitement avec Oskar Lafontaine (rival de Gerhard Schröder au SPD, qu'il quittera en 2005 pour fonder Die Linke, un parti « antilibéral », NDLR). Pas avec moi. C'est pourquoi il n'existe pas de relation entre nous.

François Hollande devrait-il défendre, en tant que candidat à la présidentielle, le principe de la règle d'or ?

La règle d'or, que nous appelons, en Allemagne, « frein sur la dette », est un principe raisonnable. Mais il doit offrir assez de souplesse pour réagir à des situations comme celle provoquée par la faillite de Lehman Brothers ou la crise de l'euro aujourd'hui.

Ne craignez-vous pas qu'on plonge l'Europe dans une récession avec toutes ces mesures d'austérité ?

Je le redoute. Il faut un équilibre entre les mesures d'austérité, qui différeront par pays en fonction de leur dette, et une politique de croissance. Je pense que les fonds européens, les fonds de cohésion, doivent servir à stimuler la croissance. La taxe sur les transactions financières, pour laquelle la France s'est particulièrement mobilisée, doit devenir une taxe européenne destinée à financer la croissance.

L'Allemagne devrait-elle participer à cet effort de relance ?

L'austérité seule ne nous sortira pas de la crise, le financement de la croissance doit s'y ajouter. Les pays qui ont encore de la marge de manoeuvre devront en faire davantage. Pour l'Allemagne, cela signifie qu'il faut soutenir la demande intérieure, notamment avec des salaires plus élevés que par le passé.

Au dernier sommet de Bruxelles, on a constaté un nouvel équilibre européen. Approuvez-vous l'idée d'une Europe du premier cercle, bâtie autour d'une plus forte intégration des pays de la zone euro ?

C'est dans la logique même de l'union monétaire. L'erreur fut de ne pas l'avoir fait depuis longtemps ! Quand vous avez une monnaie commune, la coordination doit dépasser la politique monétaire. Il faut aussi coordonner la politique économique et financière, voire la politique sociale. Nous n'avons, en mon temps, pas pu faire cela, car nous avons trop veillé à ce que des pays comme la Grande-Bretagne, dont le but n'a jamais été de rejoindre l'euro, puissent participer aux conversations sur le sort de la zone euro. En ce sens, le « non » très net du président Sarkozy, auquel s'est jointe ensuite Angela Merkel, opposé aux exigences britanniques de faire des exceptions pour la City est une vraie avancée. Cela a clarifié la situation. Mais il est décisif de trouver des formes de collaboration entre les pays extérieurs à la zone euro et la zone euro.

Y a-t-il des précautions à prendre pour que le futur traité ne soit pas saboté par Londres ?

Il faut que les dix-sept pays de la zone euro transposent rapidement les décisions qui ont été prises, sans se laisser déranger par les Britanniques. On ne doit pas tolérer qu'ils retardent le processus de transposition.

Comment jugez-vous le fonctionnement du couple franco-allemand depuis la crise grecque ?

Les décisions qui viennent d'être prises auraient dû l'être il y a dix mois. Mais, à l'époque, l'Allemagne n'était pas prête. C'est une vieille habitude d'entendre les autres pays membres de l'Union se plaindre d'un diktat franco-allemand. Quand les Français et les Allemands renoncent à s'entendre en amont d'un sommet, les autres États membres demandent : « Pourquoi ne vous êtes-vous pas mis d'accord ? Cela aurait fait avancer l'Europe ! »

Certains socialistes français ont parlé d'une « capitulation » de Paris devant Berlin...

Ces affirmations sont fausses. Elles sont dues au contexte électoral. La France n'a pas de raison de penser qu'elle a été lésée. L'Allemagne a par exemple accepté, à Bruxelles, le principe d'une gouvernance économique. C'est une vieille demande française, qui a été longtemps combattue par les partis qui forment aujourd'hui le gouvernement allemand. Je ne dirai donc pas que le point de vue allemand se soit imposé. Les deux côtés ont appris de part et d'autre, et ce n'est pas si mal.

Au début de la crise, l'Allemagne a semblé tentée de jouer sa carte seule dans la mondialisation. Depuis l'été, le ton a changé. L'Allemagne vous paraît-elle décidée à jouer la carte de l'Europe ?

Oui, je pense. Je regrette que le gouvernement allemand ait, au début de la crise, cru bon de se joindre à une campagne populiste à l'égard de la Grèce. Entre-temps, le gouvernement a compris que l'avenir de l'Allemagne est en Europe. C'est pourquoi l'Allemagne est en première ligne pour défendre l'intégration de l'euro. Dieu merci, il n'est pas trop tard, mais j'aurais souhaité que cette prise de conscience arrive plus tôt.

Êtes-vous sûr que la zone euro ne va pas éclater ?

Personne ne peut en être sûr. Un éclatement de la zone euro représenterait une catastrophe pour les gens et pour leur travail. On doit, sans oeillères ni préjugés, employer tous les instruments qui existent pour stabiliser la zone euro.

Y compris en encourageant la Banque centrale européenne à intervenir plus fortement encore sur le marché de la dette ?

Cette question ne doit pas être une question théorique de politique de régulation. Elle doit être abordée sous l'angle de la nécessité d'une intervention de la BCE. S'il n'y a pas d'autre possibilité de stabiliser l'euro, alors il relève de la responsabilité de la BCE de faire quelque chose. Et les responsables politiques devraient soutenir cela.

Dans la panoplie des instruments, il y a les eurobonds. Y êtes-vous favorable ?

Sous certaines conditions, certainement. Bien sûr, on ne peut le faire que si on s'est mis d'accord, au préalable, sur des points essentiels de la politique de stabilité. Je suis favorable au financement par des eurobonds jusqu'à un certain taux, ensuite il reviendrait aux États de porter le risque seuls s'ils continuent de s'endetter. On peut aussi envisager de transformer le FESF en banque, comme le demande la France, afin qu'il puisse être refinancé par la BCE. Actuellement, les conditions ne sont pas encore réunies en Allemagne, mais j'espère qu'elles vont l'être. Et je suis assez sûr que le gouvernement allemand va revoir sa position... si les conditions sont bonnes. Je n'ai pas de relations avec François Hollande. Quand il était premier secrétaire du PS, il travaillait avec Oskar Lafontaine...

Par Franck GUIOT
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 12:40

Discours du Premier ministre François FILLON
Lancement du plan de vidéoprotection pour Paris
Mercredi 21 décembre 2011

Mesdames et Messieurs,
En 2007, le Gouvernement a lancé un plan d’équipement en vidéoprotection à l’échelle
nationale, avec un volet spécifique pour Paris, dont la mise en oeuvre est désormais effective.
L’événement qui nous réunit est un évènement qui fera date dans l’évolution de la politique de
sécurité à Paris. Avec le déploiement de ce réseau de caméras dans l’ensemble des
arrondissements, Paris va combler son retard en la matière sur les grandes capitales
européennes.
Je veux d’abord féliciter le Préfet de police, Michel GAUDIN qui a mené à bien ce
programme, qui est un programme qui vient compléter les réformes qui ont été engagées pour
renforcer la sécurité des Parisiens : la police d’agglomération d’abord, qui a permis d’abolir
les frontières administratives entre Paris et la petite couronne ; les périmètres de sécurité
renforcée ; et puis différents plans de lutte adaptés à des formes de délinquance qui, vous le
savez mieux que quiconque, évoluent.
En dix ans la délinquance générale a baissé de 23,7% et le taux d’élucidation a quasiment
doublé, atteignant près de 40%. Ces résultats c’est d’abord et avant tout, le résultat de
l’engagement de tous les fonctionnaires de la Préfecture de police, et je veux profiter de
l’occasion qui m’est donnée avec le ministre de l’Intérieur, pour vous remercier et à travers
vous, pour saluer tous les fonctionnaires de la Préfecture de Police.
Qu’est-ce que ces chiffres nous disent ?
Ils nous disent que le combat contre la délinquance est un combat qui est gagnable. Mais ils
nous disent aussi que c’est un combat de long terme.
C’est un combat qui exige de la ténacité. C’est un combat qui nécessite une mobilisation de
toute la société française face à une culture de la violence que nos forces de sécurité ne
peuvent pas enrayer à elles seules.
Les forces de sécurité sont là, naturellement pour assurer la sécurité de nos concitoyens mais
devant la montée de la violence dans notre société, nous avons tous une part de responsabilité.
Chacun d’entre nous, par son comportement, doit participer à cette lutte contre l’insécurité.
Je veux remercier la Ville de Paris qui a apporté son adhésion et sa contribution à ce projet. Et
je veux en particulier citer Philippe GOUJON qui a été l’un des premiers à militer pour sa
mise en place.
Le déploiement de la vidéoprotection concerne aujourd’hui 250 caméras. Il sera achevé à la
fin du premier semestre 2012 avec un peu plus de 1000 caméras. Ce réseau sera entièrement
connecté. Il sera interopérable avec les 10000 caméras déjà réparties dans la ville, et
notamment dans les transports et dans les centres commerciaux. Il s’inscrit dans une stratégie
globale de modernisation des moyens de la Préfecture de police, avec le projet d’un centre de
commandement unique et avec le recours à toutes les technologies d’aide à la décision en
matière de sécurité, de radio, de géolocalisation.
La vidéoprotection va transformer les métiers de la police et les méthodes de travail.
C’est un apport fondamental pour la prévention de la délinquance ; pour l’orientation des
patrouilles ; pour l’optimisation de la présence policière ; pour la réduction des délais
d’intervention ; et pour la sécurité des fonctionnaires eux-mêmes.

Nous savons que l’interpellation d’un criminel tient parfois à quelques minutes. Nous savons
aussi que la préservation d’une vie tient parfois à quelques minutes. Ce sont ces minutes
cruciales que nous pourrons gagner avec le réseau de caméras extrêmement précis et
coordonné, qui va entrer en service.
Quand on voit les images sur les écrans de contrôle – comme on vient de le faire – on sait tout
de suite quelle est la nature du problème, combien de policiers il faut mobiliser, quels sont les
risques qu’ils encourent. C’est donc un gain d’efficacité considérable.
La vidéo va également faire progresser l’élucidation des affaires judiciaires. Nous avons
réformé notre régime de garde-à-vue et je sais que les enquêteurs nous ont dit et nous disent,
combien cela rend leur travail plus complexe. Cette réforme était nécessaire, pour toute une
série de raisons juridiques auxquelles nous ne pouvions pas nous dérober. Mais nous
disposons maintenant de moyens innovants au service de l’investigation qui font que la
technologie de la preuve viendra désormais compléter la culture de l’aveu.
Avec les apports de la vidéoprotection, avec les compétences de la police scientifique et
technique que nous avons mises au service de la lutte contre la petite et moyenne délinquance,
toutes les avancées scientifiques qui peuvent aider à la recherche de la vérité sont exploitées
sans retard.
A l’heure où nous avons le devoir de maîtriser nos finances publiques, l’amélioration de la
sécurité passe par cette modernisation technologique. L’augmentation permanente des effectifs
depuis trente ans démontre d’ailleurs que la sécurité n’est pas qu’une question de postes. C’est
aussi une question d’organisation, c’est une question de méthode, c’est une question de
motivation, c’est une question de soutien politique.
On entend, dans cette période qui est particulièrement riche pour les débats, des propositions
qui appellent à multiplier les embauches, ou bien à supprimer la Préfecture de police, ou
encore à désarmer les polices municipales.
Je considère que ces propositions ne sont pas réalistes et qu’elles ne sont pas responsables.
C’est dans le cadre d’une stratégie globale qu’il faut replacer ce déploiement de la
vidéoprotection à Paris. C’est une stratégie qui repose d’abord sur la présence humaine des
policiers, sur leur contact avec la population, sur leur discernement et sur leur savoir-faire.
Les caméras ne remplaceront jamais ces qualités qui forgent le respect que l’immense majorité
des Français éprouve à l’égard de leurs policiers et de leurs gendarmes. Dans leur très grande
majorité, nos concitoyens en effet ont confiance en vous et le disent.
Et c’est pour renforcer ce lien qui est essentiel au sentiment de sécurité que Claude GUEANT
a engagé la réforme des patrouilleurs.
A cela s’ajoute le développement de la présence policière grâce à un dispositif d’heures
supplémentaires qui représente l’équivalent de 1500 emplois au second semestre. Et puis il y a
également la création de la Réserve civile dans la police, désormais accessible à tous les
citoyens.

C’est vrai qu’à ses débuts, la vidéoprotection a suscité de la défiance ou des oppositions de la
part de certains. On nous parlait abusivement d’un Big Brother et il est évident que personne
ne veut cela. La Préfecture de police a défini une charte éthique fixant les principes qui
doivent s’appliquer à la vidéoprotection au nom de la garantie des libertés.
Cette charte, cosignée par le Préfet de police et par le Maire de Paris, est accessible au public.
Et un comité d’éthique a été créé. Je tiens d’ailleurs à en saluer les membres présents parmi
nous.
Et je veux dire qu’ici à Paris, comme ailleurs, aucun abus ne sera toléré dans l’utilisation des
images, et ce comité d’éthique est là pour y veiller.
Au moment où certaines polémiques cherchent à semer le trouble sur la loyauté des services
de sécurité ; au moment où quelques faits graves mais qui sont des faits isolés suscitent
l’indignation, je veux profiter de l’occasion qui m’est donnée avec la présence du Ministre de
l’Intérieur, pour dire aux policiers et aux gendarmes toute l’estime et toute la confiance que
m’inspire leur action au service de l’intérêt général.
Vous faites un travail remarquable.
Vous faites un travail difficile. Vous faites un travail dangereux, et je veux saluer la noblesse
de votre engagement républicain.
Voilà, Mesdames et Messieurs, le message que je voulais vous adresser à vous et aux Parisiens
qui sont attachés à leur sécurité et à leur liberté.

 

Par Franck GUIOT
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 12:40

Discours du Premier ministre François FILLON
Lancement du plan de vidéoprotection pour Paris
Mercredi 21 décembre 2011

Mesdames et Messieurs,
En 2007, le Gouvernement a lancé un plan d’équipement en vidéoprotection à l’échelle
nationale, avec un volet spécifique pour Paris, dont la mise en oeuvre est désormais effective.
L’événement qui nous réunit est un évènement qui fera date dans l’évolution de la politique de
sécurité à Paris. Avec le déploiement de ce réseau de caméras dans l’ensemble des
arrondissements, Paris va combler son retard en la matière sur les grandes capitales
européennes.
Je veux d’abord féliciter le Préfet de police, Michel GAUDIN qui a mené à bien ce
programme, qui est un programme qui vient compléter les réformes qui ont été engagées pour
renforcer la sécurité des Parisiens : la police d’agglomération d’abord, qui a permis d’abolir
les frontières administratives entre Paris et la petite couronne ; les périmètres de sécurité
renforcée ; et puis différents plans de lutte adaptés à des formes de délinquance qui, vous le
savez mieux que quiconque, évoluent.
En dix ans la délinquance générale a baissé de 23,7% et le taux d’élucidation a quasiment
doublé, atteignant près de 40%. Ces résultats c’est d’abord et avant tout, le résultat de
l’engagement de tous les fonctionnaires de la Préfecture de police, et je veux profiter de
l’occasion qui m’est donnée avec le ministre de l’Intérieur, pour vous remercier et à travers
vous, pour saluer tous les fonctionnaires de la Préfecture de Police.
Qu’est-ce que ces chiffres nous disent ?
Ils nous disent que le combat contre la délinquance est un combat qui est gagnable. Mais ils
nous disent aussi que c’est un combat de long terme.
C’est un combat qui exige de la ténacité. C’est un combat qui nécessite une mobilisation de
toute la société française face à une culture de la violence que nos forces de sécurité ne
peuvent pas enrayer à elles seules.
Les forces de sécurité sont là, naturellement pour assurer la sécurité de nos concitoyens mais
devant la montée de la violence dans notre société, nous avons tous une part de responsabilité.
Chacun d’entre nous, par son comportement, doit participer à cette lutte contre l’insécurité.
Je veux remercier la Ville de Paris qui a apporté son adhésion et sa contribution à ce projet. Et
je veux en particulier citer Philippe GOUJON qui a été l’un des premiers à militer pour sa
mise en place.
Le déploiement de la vidéoprotection concerne aujourd’hui 250 caméras. Il sera achevé à la
fin du premier semestre 2012 avec un peu plus de 1000 caméras. Ce réseau sera entièrement
connecté. Il sera interopérable avec les 10000 caméras déjà réparties dans la ville, et
notamment dans les transports et dans les centres commerciaux. Il s’inscrit dans une stratégie
globale de modernisation des moyens de la Préfecture de police, avec le projet d’un centre de
commandement unique et avec le recours à toutes les technologies d’aide à la décision en
matière de sécurité, de radio, de géolocalisation.
La vidéoprotection va transformer les métiers de la police et les méthodes de travail.
C’est un apport fondamental pour la prévention de la délinquance ; pour l’orientation des
patrouilles ; pour l’optimisation de la présence policière ; pour la réduction des délais
d’intervention ; et pour la sécurité des fonctionnaires eux-mêmes.

Nous savons que l’interpellation d’un criminel tient parfois à quelques minutes. Nous savons
aussi que la préservation d’une vie tient parfois à quelques minutes. Ce sont ces minutes
cruciales que nous pourrons gagner avec le réseau de caméras extrêmement précis et
coordonné, qui va entrer en service.
Quand on voit les images sur les écrans de contrôle – comme on vient de le faire – on sait tout
de suite quelle est la nature du problème, combien de policiers il faut mobiliser, quels sont les
risques qu’ils encourent. C’est donc un gain d’efficacité considérable.
La vidéo va également faire progresser l’élucidation des affaires judiciaires. Nous avons
réformé notre régime de garde-à-vue et je sais que les enquêteurs nous ont dit et nous disent,
combien cela rend leur travail plus complexe. Cette réforme était nécessaire, pour toute une
série de raisons juridiques auxquelles nous ne pouvions pas nous dérober. Mais nous
disposons maintenant de moyens innovants au service de l’investigation qui font que la
technologie de la preuve viendra désormais compléter la culture de l’aveu.
Avec les apports de la vidéoprotection, avec les compétences de la police scientifique et
technique que nous avons mises au service de la lutte contre la petite et moyenne délinquance,
toutes les avancées scientifiques qui peuvent aider à la recherche de la vérité sont exploitées
sans retard.
A l’heure où nous avons le devoir de maîtriser nos finances publiques, l’amélioration de la
sécurité passe par cette modernisation technologique. L’augmentation permanente des effectifs
depuis trente ans démontre d’ailleurs que la sécurité n’est pas qu’une question de postes. C’est
aussi une question d’organisation, c’est une question de méthode, c’est une question de
motivation, c’est une question de soutien politique.
On entend, dans cette période qui est particulièrement riche pour les débats, des propositions
qui appellent à multiplier les embauches, ou bien à supprimer la Préfecture de police, ou
encore à désarmer les polices municipales.
Je considère que ces propositions ne sont pas réalistes et qu’elles ne sont pas responsables.
C’est dans le cadre d’une stratégie globale qu’il faut replacer ce déploiement de la
vidéoprotection à Paris. C’est une stratégie qui repose d’abord sur la présence humaine des
policiers, sur leur contact avec la population, sur leur discernement et sur leur savoir-faire.
Les caméras ne remplaceront jamais ces qualités qui forgent le respect que l’immense majorité
des Français éprouve à l’égard de leurs policiers et de leurs gendarmes. Dans leur très grande
majorité, nos concitoyens en effet ont confiance en vous et le disent.
Et c’est pour renforcer ce lien qui est essentiel au sentiment de sécurité que Claude GUEANT
a engagé la réforme des patrouilleurs.
A cela s’ajoute le développement de la présence policière grâce à un dispositif d’heures
supplémentaires qui représente l’équivalent de 1500 emplois au second semestre. Et puis il y a
également la création de la Réserve civile dans la police, désormais accessible à tous les
citoyens.

C’est vrai qu’à ses débuts, la vidéoprotection a suscité de la défiance ou des oppositions de la
part de certains. On nous parlait abusivement d’un Big Brother et il est évident que personne
ne veut cela. La Préfecture de police a défini une charte éthique fixant les principes qui
doivent s’appliquer à la vidéoprotection au nom de la garantie des libertés.
Cette charte, cosignée par le Préfet de police et par le Maire de Paris, est accessible au public.
Et un comité d’éthique a été créé. Je tiens d’ailleurs à en saluer les membres présents parmi
nous.
Et je veux dire qu’ici à Paris, comme ailleurs, aucun abus ne sera toléré dans l’utilisation des
images, et ce comité d’éthique est là pour y veiller.
Au moment où certaines polémiques cherchent à semer le trouble sur la loyauté des services
de sécurité ; au moment où quelques faits graves mais qui sont des faits isolés suscitent
l’indignation, je veux profiter de l’occasion qui m’est donnée avec la présence du Ministre de
l’Intérieur, pour dire aux policiers et aux gendarmes toute l’estime et toute la confiance que
m’inspire leur action au service de l’intérêt général.
Vous faites un travail remarquable.
Vous faites un travail difficile. Vous faites un travail dangereux, et je veux saluer la noblesse
de votre engagement républicain.
Voilà, Mesdames et Messieurs, le message que je voulais vous adresser à vous et aux Parisiens
qui sont attachés à leur sécurité et à leur liberté.

 

Par Franck GUIOT
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 07:11

VOEUXCG91

Par Franck GUIOT
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 15:59

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Par Franck GUIOT
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 19:16

Nicolas Sarkozy : « Le sommet de Bruxelles crée les conditions de la sortie de crise »Article publié dans Le Monde du 13 décembre 2011

Face à la tourmente dans laquelle est prise la zone euro, les dix-sept Etats de cette zone ont décidé, vendredi 9 décembre, à Bruxelles, de rédiger un traité intergouvernemental, dont le Royaume-Uni s'est exclu.

Dans un entretien au Monde, Nicolas Sarkozy livre son interprétation de cet accord et sa vision de l'avenir de l'Europe.

Jeudi 8 décembre, au congrès du Parti populaire européen, vous avez dit que jamais le risque d'explosion de l'Europe n'avait été aussi élevé. Après le sommet de Bruxelles de jeudi et vendredi, ce risque est-il écarté ?

J'aimerais pouvoir dire qu'il est totalement écarté. Je m'en garderai pourtant. Nous avons fait tout ce qu'il était possible de faire. Dans un monde parfait, théorique, on devrait faire plus, mais la caractéristique de l'homme de gouvernement, de l'homme d'Etat, c'est de faire avec les réalités. Cela étant, ce sommet marque une étape décisive vers l'intégration européenne. A ce titre, il crée les conditions du rebond et de la sortie de crise.

L'euro est le cœur de l'Europe. S'il explose, l'Europe n'y résistera pas. La crise de confiance et de crédibilité de l'euro faisait donc peser un risque sur la pérennité de l'Union européenne. La vérité est qu'il nous a fallu réparer en pleine crise les insuffisances de l'euro au moment de sa création. Ainsi, rien n'avait été prévu quant à la convergence des politiques économiques des pays membres de l'euro. Ensuite, certains pays ont été accueillis au sein de la zone alors qu'ils n'y étaient pas préparés. Cela a eu pour conséquence de fragiliser tout le système, comme une pilule empoisonnée, en raison de l'interdépendance des réseaux bancaires et financiers. Ces pays ont dû imposer à leurs peuples des souffrances auxquelles ils ne s'attendaient pas.

Si vous voulez bien considérer que le tout s'est déroulé sur le fond d'une crise de la dette sans précédent dans l'histoire du monde, je n'ai nullement cherché à dramatiser lorsque j'ai dit que nous étions tous au bord du précipice.

LA GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE

L'accord de Bruxelles répond-il à ces éléments de la crise ?

Il y répond d'abord par la création d'une authentique gouvernance économique. Si les économies de la zone ne convergent pas, elles ne peuvent pas conserver durablement la même monnaie. Le fait que la responsabilité de la gouvernance revienne désormais aux chefs d'Etat et de gouvernement marque un progrès démocratique incontestable par rapport à la situation précédente, où tout s'organisait autour de la Banque centrale européenne [BCE], de la Commission et du pacte de stabilité.

J'ajoute que, pour la Commission, les choses seront désormais plus claires. Elle est chargée du respect des traités et de l'application des sanctions. Or, celui qui sanctionne ne peut être celui qui administre, au risque de se sanctionner lui-même. De ce point de vue, elle est irremplaçable. Qui d'autre pourrait le faire à sa place ?

La Cour de justice européenne, comme le voulait la chancelière allemande, Angela Merkel ?

Mme Merkel a convenu que la Cour ne pouvait pas sanctionner au jour le jour un déficit excessif, qu'elle ne pouvait pas prévenir le dérapage des économies et des budgets. Elle n'en a pas les compétences, mais j'ajoute, de surcroît, qu'elle n'a pas non plus la légitimité pour annuler un budget qui aurait été voté par un Parlement souverain. Enfin pour résoudre les problèmes de l'euro, la seule discipline budgétaire est insuffisante. J'ai toujours contesté l'idée que la gouvernance économique se cantonne aux seules réunions des ministres du budget. La compétitivité ne peut pas se réduire aux seules questions fiscales et financières.

La question posée est celle de la compétitivité de notre continent et des conditions d'une croissance qui doit absolument être plus soutenue. Nous devrons donc évoquer avec nos partenaires de la zone euro les questions cruciales de l'industrie, de la politique commerciale, du marché du travail, de la recherche…

Et, réciproquement, ils vous parleront de la fiscalité, de la fonction publique et des retraites en France ?

Bien sûr. L'Union se fonde sur des compromis réciproques, construits dans l'intérêt de chacun.

Est-ce un transfert de souveraineté ?

Non, car on ne déléguera pas à d'autres notre souveraineté économique. Il s'agira d'un exercice partagé de la souveraineté par des gouvernements démocratiquement élus. On conforte sa souveraineté et son indépendance en l'exerçant avec ses amis, ses alliés, ses partenaires. J'ajoute que pas un seul domaine nouveau de compétences ne sera transféré à une quelconque autorité supranationale.

UN FONDS MONÉTAIRE EUROPÉEN

Le deuxième élément, c'est le renforcement de la solidarité européenne, avec la création d'un véritable fonds monétaire européen, le Mécanisme européen de solidarité [MES]. C'est un fonds destiné à venir en aide aux pays membres de la zone euro qui n'auraient pas un accès suffisant au marché pour financer leurs dettes.

Ce fonds sera mis en place dès juillet 2012 et non en juillet 2013. Il décidera non plus à l'unanimité, mais à la majorité qualifiée de 85 %. Cela évitera qu'une petite minorité puisse bloquer les autres s'ils souhaitaient aller de l'avant. Ce fonds aura 80 milliards d'euros de capital, ce qui représente un potentiel de 500 milliards de prêts. Au mois de mars, nous examinerons si ces moyens sont suffisants. Et, d'ici à dix jours, nous nous sommes engagés à négocier avec nos partenaires non européens un renforcement des ressources du Fonds monétaire international, ce qui augmentera encore notre force de frappe en cas de crise. La zone euro est prête à apporter jusqu'à 200 milliards supplémentaires. Jamais nous n'avons été aussi ambitieux en termes de solidarité.

Enfin, c'est la BCE qui sera l'agent opérationnel du fonds européen, dont la crédibilité et l'efficacité seront ainsi accrues. La méfiance ne pourra pas s'installer entre ces deux institutions-clés pour notre stabilité financière.

La BCE va baisser ses taux à 1 % sur trois ans pour que les banques retrouvent des marges et achètent des dettes d'Etat. Est-ce moral, alors qu'il serait plus simple que la BCE prête directement aux Etats ?

Je ne commente pas l'action de la BCE. Elle est indépendante, et doit agir dans le cadre des traités.

Mais le problème, aujourd'hui, dans de nombreux pays de la zone, c'est le resserrement du crédit par crainte du risque. Cela pourrait conduire à une dépression économique. Cette perspective serait catastrophique. Je me réjouis que la BCE fournisse des liquidités pour éviter ce "credit crunch". Pensez à ces milliers d'entreprises dont l'activité serait dramatiquement entravée si elles n'avaient pas accès à un crédit suffisant.

Je souhaite que l'action de la BCE, en soutenant la croissance économique, contribue aussi à apaiser les craintes infondées sur les dettes des Etats. Je fais confiance à la BCE pour, à l'avenir, décider de la force de son intervention.

Si cela ne marche pas, envisagez-vous de faire un grand emprunt auprès des particuliers, comme la Belgique et l'Italie ?

La Belgique a ainsi levé 5,5 milliards d'euros. La dette française est de 1 692 milliards d'euros. Chaque année, nous empruntons environ 180 milliards. Vous voyez que les ordres de grandeur n'ont rien à voir avec ce que pourrait rapporter un emprunt national.

Je vous rappelle, par ailleurs, que nous n'avons plus le droit de donner un avantage fiscal aux émissions d'emprunts d'Etat, tous ceux qui ont été octroyés dans le passé ayant coûté fort cher aux finances publiques. Enfin, il faut rappeler que, en dépit de la crise, la France emprunte aujourd'hui sur les marchés à un taux historiquement bas. Pourquoi donc faudrait-il changer notre stratégie ?

UN EFFORT DE DISCIPLINE

Le troisième élément de l'accord, c'est un effort de discipline, avec une majorité inversée pour les sanctions automatiques. Avant, pour que la Commission sanctionne un Etat fautif, il fallait une majorité qualifiée au Conseil pour l'approuver. Désormais, cela ne sera plus le cas.

En revanche, nous n'avons pas souhaité que ces sanctions s'appliquent de la même manière, c'est-à-dire qu'elles soient automatiques, en cas de dérapage de la dette une année donnée. Un Etat peut être amené à recapitaliser une banque, ou une entreprise publique, ce qui augmentera sa dette publique. On ne peut lui en tenir rigueur. Ainsi les mêmes causes ne pourront plus produire les mêmes effets. Le laxisme ne sera plus de mise en Europe.

Quelle est la prochaine étape ?

Dans les quinze prochains jours, nous mettrons au point le contenu juridique de notre accord. L'objectif est d'arriver à un traité pour le mois de mars.

Il faut bien voir que c'est une autre Europe qui est en train de naître : celle de la zone euro, où les maîtres mots seront la convergence des économies, des règles budgétaires, de la fiscalité. Une Europe où nous allons travailler ensemble à des réformes permettant à tous nos pays d'être plus compétitifs, sans renoncer pour autant à notre modèle social. La stabilité de notre continent est à ce prix.

Ne craignez-vous pas des problèmes de ratification ?

Non, car la procédure retenue est plus légère, même si chaque pays reste maître de la procédure de ratification. En tout état de cause, nous souhaitons être prêts à l'été 2012. Enfin, je le répète, nul ne pourra contester le rôle accru ainsi donné aux gouvernements européens.

Cela fait six mois où les marchés peuvent encore attaquer…

Si vous voulez me dire que c'est difficile, je vous le confirme : c'est difficile. Aucune grille de lecture idéologique ne fonctionne plus. Il faut beaucoup de sang-froid pour ne pas surréagir et le même sang-froid pour ne pas sous-réagir. J'ai conscience du risque de ne pas être compris des populations qui souffrent et qui voient des sommets se succéder, donnant l'impression d'être déconnectés de leur vie quotidienne. En même temps, nous n'avons pas le choix. Il faut tenir la barre le plus solidement possible et sortir de la spirale des crises.

L'AXE FRANCO-ALLEMAND

Que répondez-vous à ceux qui disent que les choix pour enrayer la crise de l'euro sont imposés par Angela Merkel ?

A ceux qui se plaignent et me reprochent l'axe franco-allemand, je demande ce qu'ils proposent comme stratégie alternative. Rester seuls ? Qui peut penser que la France seule aurait fait mieux avancer ses idées ? A moins qu'on me propose une autre alliance… Mais laquelle ?

C'est vrai que le sommet de Bruxelles est le fruit d'un compromis franco-allemand et, depuis le début de cette crise, nous avons fait mouvement l'un vers l'autre. Qui aurait pensé, il y a deux ans, que nos partenaires se rallieraient à l'idée d'un gouvernement économique, organisé autour des chefs d'Etat et de gouvernement ? Qu'ils souscriraient à la création d'un fonds monétaire européen, incarné par le MES ? Autant d'idées françaises ! La chancelière, que j'apprécie beaucoup, a fait mouvement avec pragmatisme et intelligence.

Quant au mot de capitulation que j'ai entendu employer par certains, tout ce langage guerrier qui fleure bon le nationalisme d'antan, laissez-moi vous dire ce que j'en pense : je me sens français au plus profond de moi-même, mais mon amour de la France ne m'a jamais conduit à accuser nos voisins, nos alliés, nos amis. Et ceux qui cherchent à nourrir la germanophobie se déconsidèrent.

Un triangle avec les Britanniques ?

Le Royaume-Uni n'est pas dans l'euro. Le triptyque Berlin-Londres-Paris aurait eu un sens si nous avions eu une crise de l'Union européenne, mais ce n'est pas le cas. C'est une crise de l'euro.

L'importance de l'entente avec l'Allemagne signifie-t-elle qu'on ne peut rien faire avec Londres ? Non. Nous sommes intervenus en Libye avec le Royaume-Uni, et le premier ministre, David Cameron, a été courageux. Avec Londres, nous partageons l'attachement à l'énergie nucléaire et une coopération forte dans le domaine de la défense, qui est essentielle.

Vous avez mis du temps à apprécier le modèle allemand…

Si vous voulez dire que la présidence et la confrontation avec les épreuves changent un homme, c'est vrai. Si vous voulez me faire dire que, après quatre ans et demi à l'Elysée, j'ai appris et évolué dans mon raisonnement, c'est vrai aussi.

Entre la France et l'Allemagne, il y a d'abord l'histoire. Soixante-dix ans d'affrontements suivis par soixante-dix ans de paix. Quel doit être le prochain cycle? Nous n'avons pas le droit de diverger avec l'Allemagne, car la divergence conduit à l'affrontement. Nous devons donc nous comprendre et rechercher des compromis permanents.

Il est essentiel, ensuite, que les deux premières économies d'Europe convergent pour créer une zone de stabilité. Ce qui ne doit pas nous faire oublier les atouts de la France : une démographie qui fait que nous serons aussi nombreux que les Allemands dans trente ans, une énergie moins chère grâce au nucléaire, et un système institutionnel qui permet de gouverner le pays, notamment en cas de crise.

Dans un discours sur la repentance, en 2006, vous avez dit que la France, elle, n'avait pas commis de génocide…

Les Allemands ont assumé leur histoire avec courage et lucidité. Nous n'avons rien à leur reprocher.

LA NOUVELLE EUROPE

A Bruxelles, la semaine dernière, vous avez mis les Anglais hors d'Europe…

Je n'ai pas vu les choses ainsi. Nous avons tout fait, la chancelière et moi, pour que les Anglais soient partie prenante à l'accord. Mais il y a désormais clairement deux Europe. L'une qui veut davantage de solidarité entre ses membres, et de régulation. L'autre qui s'attache à la seule logique du marché unique.

Comment se sont-ils retrouvés seuls ?

L'affirmation répétée de leur opposition à toute perspective d'entrer dans l'euro ne peut être sans conséquence. J'ajoute que les demandes sur les services financiers n'étaient pas acceptables. La crise est venue de la dérégulation de la finance. Jamais nous ne pourrions accepter un retour en arrière. L'Europe doit aller vers davantage de régulation.

Est-il légitime, désormais, que le Royaume-Uni reste dans le marché unique ?

Nous avons besoin de la Grande-Bretagne ! Ce serait un grand appauvrissement de voir son départ qui, fort heureusement, n'est pas d'actualité.

Dans cette Europe des 27 maintenant plus confédérale, l'entrée de la Turquie ne devient-elle pas logique ?

Vous savez, mes réserves qui n'ont pas changé. Si, dans la crise que nous connaissons, nous avions levé ces réserves, je ne crois pas que cela aurait facilité la tâche de l'Europe. L'Union européenne, c'est d'abord pour le continent européen. A ma connaissance, nos amis turcs, grande puissance, grande nation, sont essentiellement en Asie mineure.

Nous venons d'accueillir la Croatie. L'ouverture à la Serbie est une perspective. Réunissons d'abord la famille européenne avant de poser des questions extra-européennes. Je souhaite que nous ayons les meilleurs rapports avec la Turquie, cela va de soi. Dans mon esprit, elle a un grand rôle à jouer dans le monde, un rôle de trait d'union entre l'Orient et l'Occident. A-t-elle intérêt à quitter ce rôle de pont entre les deux rives pour en rejoindre une ? Je pense que ce serait un affaiblissement.

LES ENGAGEMENTS FRANÇAIS

Le président français est-il prêt à accepter les règles européennes alors que, en 2007, vous êtes allé à Luxembourg demander un report du retour à l'équilibre de la France et que, récemment, le premier ministre, François Fillon, a protesté contre les prévisions de croissance de la Commission ?

On ne parle pas de la même époque ou du même monde, même si c'est le même président. Nous sommes d'autant plus prêts à cet effort que nous l'avons commencé dès 2007. La mise en place du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qui nous a valu tant de critiques, c'est 2007. La réforme de la carte judiciaire, c'est 2008. La réforme de la carte militaire, c'est 2009. Quant à la réforme des retraites, si nous ne l'avions pas faite, nous serions dans la situation peu enviable de certains de nos partenaires.

Comment jugez-vous le risque de dégradation de la France par les agences financières ?

L'une des trois agences de notation a mis sous perspective négative la France, ainsi que toute la zone euro. Pourquoi? Parce que la zone euro connaît un problème de gouvernance: c'est un problème dont nous nous occupons et qui n'est pas spécifique à la France. Deuxième souci, le risque sur les banques françaises. Bonne nouvelle: l'Autorité bancaire européenne estime le besoin de recapitalisation des banques françaises à 7,7 milliards d'euros, contre 13milliards pour l'Allemagne. Pas un centime du budget de l'Etat n'ira donc à la recapitalisation des banques.

Troisième élément, les perspectives de la croissance française. Le gouvernement a fixé une prévision de 1 % pour 2012. Mais dans le même temps, un gel de 6 milliards de crédits a été mis en place pour faire face, en cas de croissance limitée à 0,5 %. Dernier point relevé par l'agence, le niveau élevé de nos dépenses. Mais chacun reconnaît que nous avons su faire preuve de réactivité en la matière dans le passé.

Le grand risque, c'est donc celui de la contagion de la crise européenne. C'est pourquoi nous luttons pour la maîtriser.

Sommes-nous menacés de dix ans d'efforts ou de croissance très lente, à la japonaise ?

C'est un risque qui m'a conduit à ne pas choisir une politique fondée sur la rigueur. La rigueur, c'est baisser les salaires et les pensions de retraite. Je m'y refuse et m'y refuserai. Si nous allions dans cette direction, cela plongerait la France dans la récession et dans la déflation. Si vous réduisez vos recettes en même temps que vous abaissez vos dépenses, vous ne résolvez pas vos problèmes de déficits. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé, en 2009, 35 milliards d'euros en faveur des investissements d'avenir. C'est le contraire d'une politique de rigueur et d'austérité. Il nous faut à la fois réduire notre déficit et notre endettement, libérer le travail et retrouver de la compétitivité.

Mais les agences ne nous en rendent pas justice…

Pour l'instant, elles ont maintenu le triple A. Si elles devaient nous le retirer, nous affronterions cette situation avec sang-froid et calme. Ce serait une difficulté de plus, mais pas insurmontable. Ce qui compte avant tout, c'est la crédibilité de notre politique économique et notre stratégie déterminée de réduction de nos dépenses. Nous respecterons scrupuleusement les engagements que nous avons pris.

Quelle mesure phare faut-il prendre pour convaincre les investisseurs ?

Si nous n'avions pas fait la réforme des retraites, c'est celle qu'il faudrait faire. Pour le reste, il n'y a pas de mesure clé ou miracle car ce qui compte, tout autant que de réduire les dépenses, c'est d'augmenter la croissance. Cela passe par l'autonomie des universités, le développement du crédit impôt recherche, les investissements d'avenir, la suppression de la taxe professionnelle. Tout ce que la France a commencé à faire.

La règle d'or ?

La règle d'or est une mesure importante. C'est une règle de bon sens: les budgets doivent être construits sur plusieurs années avec l'objectif d'aller vers l'équilibre. Qui peut de bonne foi contester cet objectif ? J'aurais aimé que toutes les formations politiques françaises s'inspirent de ce qu'ont fait les Espagnols et les Allemands en adoptant par consensus cette règle, sans que personne n'y perde son identité.

Mais la dépense publique continue d'avoir un poids supérieur en France par rapport à l'Allemagne…

Oui, c'est vrai, parce que l'Allemagne a eu le courage d'engager la réforme de ses dépenses publiques dix ans avant la France. Il est normal qu'elle en obtienne les fruits avant nous. Ne sous-estimons pas pour autant la force des réformes mises en œuvre en France. Ainsi, la réduction de 150 000 fonctionnaires va considérablement alléger, dans l'avenir, le poids des dépenses publiques. Il en sera de même pour la réforme du régime des retraites, qui rapportera à la Sécurité sociale 22 milliards d'euros en 2017.

Comment analysez-vous le doute grandissant des Français sur l'euro ?

Les Français associent l'euro à leurs difficultés, mais en même temps, ils comprennent les risques qu'il y aurait à en sortir et à s'isoler. Je rends hommage à leur lucidité. Les Français ne contestent pas l'Europe, mais la façon dont sont conduites certaines politiques européennes. A ce titre, la politique commerciale est l'exemple même de ce qu'il convient de changer. On augmente les charges et les contraintes sur nos producteurs, et on laisse entrer sur notre marché des produits fabriqués dans des pays qui ne respectent aucune de ces contraintes. Cela ne peut plus durer. La réciprocité doit devenir la règle. La concurrence ne peut être que loyale ; si elle est déloyale, il faudra en tirer des conséquences sur l'ouverture de nos marchés.

Les élections à venir empêchent-elles une union nationale qui serait utile ?

Il y a un calendrier démocratique. On ne va pas suspendre les élections parce qu'il y a une crise.

Diriez-vous que le comportement des socialistes français coûte à la France ?

Je n'ai pas à juger l'opposition. J'ai tant à faire par ailleurs… Les Français seront les seuls juges.

François Hollande vous accuse de courir après la crise…

Avant de formuler un commentaire si définitif, j'invite chacun à réfléchir à cette crise, à sa profondeur, à sa gravité.

Par Franck GUIOT
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